dimanche 21 septembre 2014

L'identité mirage

L’identité mirage 


L’Identité ce bistouri
 Qui entaille et divise
 Est le meilleur alibi
Des décideurs en chemises.

Humanité ensommeillée...

Sur le lit de Procuste
Paradoxe ils ajustent
Et fabriquent l’unité :
Exploitation et pauvreté
Sur révolutions simulées.

Pornographie qui aboutie
 De Jakarta à l’Algérie
Et d’Israël en Palestine,
Les coupables on ne devine ?

Quid des écoles épuisant le renouveau à la source ?
 Quid du forage des volontés à la bourse,
 Du pétrole, des belles idées ?
Quid de toutes NOS ressources vampirisées !?
  
Jaillissement de désaffection,
Triomphe des Narcisses,
Rois des peuples qu’ils contaminent
Et condamnent à l’inspiration de toxines.

 Invisibles, partout et nulle part,
 Les monarques en bavoirs
Se flattent d’abêtir et nourrir
 Toutes les fanges du fanatisme
 A la table de tous les Schismes.

 Les fanatiques,
 Petits soldats crétinisés
 À la solde des carnassiers
Assurent la peur panique
Et font diversion
Pendant la désinfection.
   
C’est ainsi que les cancres
 Privés de papier et d’encre,
rebut du système et rebutés par lui-même –
Sont frottés à la javel.

Et l’on pompe en eux une idée d’humanité
 Comme les hôpitaux le sang des malades,
Et on les transfuse de peurs barricades,
Ainsi sont les préposés à la défense de l’identité javellisée.

 Pendant que la guerre de tous contre tous fait des ravages,
Que se distille le wahhabisme multipliant harragas et naufrages,
 Que se propagent les rigorismes d’aliénation,
 Continue de couler la chape de plombs
Sur la Source qui appartient à tous.

 Et sous les marchés financiers,
  Les Etats endimanchés,
Les monarques cachés
Continuent de s’engraisser. 

Ainsi, tissent-ils l'identité mirage
Distribuant au milieu du tapage
Quelques miettes avariées.

Mes sœurs, mes frères floués,
Agrégation de petites unités,
 De revendications sans incidence,
Nous avons Un combat à ranimer,
Des fronts à réunir pour retrouver la transe.

Et s’il fallait parler d’identité,
Ce souffle dans vos poitrines sentez !
 Celui des générations passées
Qui ont pris le maquis pour un monde de paix.
Et s’il faut une identité commune,
Commençons par redescendre de la tribune
L'égotique cynisme masque du fatalisme,
 Tombe de l'espoir et paradis de pétrodollars.

L'heure est venue de rendre aux Narcisses
 Leur pauvre identité
Et leurs miroirs d’abysses,
 Au nom de notre commune humanité,
Au nom de ce souffle dans nos poitrines retrouvé !

H. Seposa